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mercredi 20 octobre 2010

10/10/10 - 1000 ans d'Hanoi

Dimanche 10 octobre, la capitale du Viêt Nam fêtait ses 1000 ans.




En 1010,  Ly Thai Tô décide le transfert de la capitale de son royaume dans un méandre du Fleuve Rouge :  Ha Noi, d'abord dénommée Thang Long, était née.





La dynastie des Ly fut à l'origine de l'unification et du développement économique et culturel de la civilisation Viêt, qui prospéra durant 500 ans : c'est ainsi que fut créer à Ha Noi, la première université du pays.

 Le Temple de la Littérature à Ha Noi

Quand on entend Viêt Nam, beaucoup pensent "guerres". Dans les 60 dernières années, deux conflits ont affecté le pays : le premier contre les colonisateurs français (1946-1954, la guerre d'Indochine), puis un second contre les occupants américains (1959-1975).














Images de la guerre,
exposition devant l'Opéra 
d'Ho Chi Minh Ville, ex-Saigon



Ces périodes récentes font oublier que le Viêt Nam a une histoire militaire très ancienne, souvent due aux visées des empereurs chinois sur le territoire de son voisin du sud (le dernier conflit avec la Chine date de 1989 !).

 Musée d'Histoire d'Ho Chi Minh Ville

Cette donnée permet de mieux comprendre pourquoi s'affichent partout à travers le pays, et particulièrement en cette période de commémoration, le patriotisme et le culte des héros, dont celui de l'ancien leader Ho Chi Minh (1890 - 1969), toujours mis en avant par le pouvoir contrôlé par le Parti Communiste Vietnamien. En voici quelques exemples en images.

 Panneau à la gloire d'Ho Chi Minh

 Devant le Musée de l'Aviation


 Musée des Femmes Vietnamiennes à Hanoi

      Préparatifs de la commémoration           Vendeuse de souvenirs patriotiques

1000 lanternes dans un parc d'Ha Noi

dimanche 3 octobre 2010

Des volcans indonésiens

Voilà une dizaine de jours que nous sommes au Vietnam, et il y a tant de choses à voir et à faire si différentes de celles de l'Indonésie, que, je l'avoue, je n'ai pas fait mon travail de blogueur !
Avant d'écrire sur les trois pays situés au nord du 8ème parallèle et qui formaient ce que l'on appelait, du temps de la colonisation française, l'Indochine, je voulais vous emmener faire le tour de quelques volcans que nous sommes allés voir en Indonésie. Nous n'en découvrirons plus d'autres dans la suite de notre voyage car nous avons quitté cette région du globe, où plusieurs plaques tectoniques se rejoignent, et créent ce que les géologues nomment une subduction.

                     Direction des mouvements des plaques lithosphériques en Asie du sud-est.

L'actualité récente, avec le réveil du Mont Sinabung sur l'île de Sumatra fin août après quatre siècles de sommeil, et l'actu plus ancienne marquée par les séismes meurtriers de décembre 2004, encore à Sumatra et ayant entrainé l'effroyable tsunami, et de mai 2006, cette fois à Java (http://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9isme_de_mai_2006_%C3%A0_Java) nous rappellent que l'Indonésie est un des pays où la dynamique interne de notre planète est la plus intense.

                       Restauration d'un temple hindouiste à Prambanan (Java) apres le séisme de 2006

Lors de notre séjour en Indonésie, 130 volcans y étaient signalés comme actifs *, activité non éruptive mais se traduisant par des émissions de vapeurs abondantes formant des panaches visibles de loin.

* http://www.activolcans.info/


Carte des volcans indonésiens
Ref : volcanodiscovery.com

Le premier ensemble de volcans que nous avons abordé était celui du Kelimutu sur l'ile de Florès, remarquable par ses trois cratères contenant chacun un lac dont la couleur peut changer selon les proportions des différents gaz émis. Lors de notre passage, deux étaient vert, l'un turquoise, l'autre émeraude,  le troisième était noir. Ces lacs sont probablement des concentrés de vitriol, c'est-a-dire d'acide sulfurique (a l'Ijen j'ai fait le test de lancer dans le lac de cratere un coquillage que j'avais dans mon sac, que pensez-vous qu'il est arrivé ?).



                                                        Cratères du Kelimutu, Florès

C'est à Java que nous avons gravi les flancs de deux volcans afin d'approcher le bord de leurs cratères et même d'y descendre : le Kawah Ijen (voir article suivant) et le Bromo, qui appartient à la caldeira du Tengger, comme aussi le Semeru, point culminant de Java.

                                                               Cratère de l'Ijen, Java

                                  Devant la caldeira du Tengger (Semeru, Bromo, ...), Java

L'ascension des volcans demande souvent de longues heures de marche à travers des forêts luxuriantes et chaudes ... Spectacle grandiose quand on atteint le sommet du rempart ! Le lever de soleil sur ces montagnes est également un moment sublime.


Cratère du Bromo, Java

Mont Semeru (en arrière plan) et Bromo (avec son panache de vapeurs)

Autour des volcans, il est connu que vivent beaucoup de villageois installant leurs cultures sur les pentes nourricières : caféiers, thé, tabac, cultures maraichères, ... : la terre volcanique est reputée généreuse même si elle ne fait pas forcément la richesse des populations.


                                                         Pentes cultivées du Bromo

Espérant les amadouer, de nombreux Indonésiens vouent aux volcans de véritables cultes. Les volcans de Bali sont sacrés et sont des lieux d'offrandes voire de sacrifices d'animaux, quand il faut atténuer les colères des divinités censées s'y trouver ...et naturellement ça ne marche pas souvent !
 
                    Mont Agung et cérémonie au temple hindou de Besakih, Bali

Les émissions de matières solides lors des nuées ardentes entrainent des dépots de cendres stratifiées qui contribuent à la construction du cône volcanique.


Les strates de cendres, vues de jeep, sur les pentes de la caldeira de Tengger

Les nuées ont de très nombreuses fois au cours de l'histoire, et même de la préhistoire (volcan Toba), provoqué destructions et victimes.

                                         Borobudur, monument bouddhiste du IXème siècle. 
                                                            A l'arrière plan, le Merapi.

Dégagement des cendres à Borobudur ayant enseveli le stupa 
(mission archéologique hollandaise de 1907)

Le grand stupa de Borobudur aujourd'hui.


Porteurs de soufre

Quand j'étais professeur débutant, je passais à mes élèves de 4ème, au premier cours de géologie sur les volcans, un documentaire réalisé dans les années 1950-60 par le célèbre vulcanologue Haroun Tazieff (1914-1998). On le voyait avec son équipe analyser les vapeurs émanant du Kawah Ijen, volcan le plus oriental de Java. On voyait aussi des habitants exploitant et transportant une des matières naturelles les plus simples de par sa composition chimique et sa nature géologique : le soufre. Tazieff soulignait qu'ils travaillaient dans des conditions éprouvantes. Pendant que les élèves grattaient des notes, je pensais au jour où j'aurais la chance de me rendre au Kawah Ijen ...

                                                  

Ce fut le 2 septembre, au petit jour, que nous entreprimes l'ascension de trois kilomètres, permettant d'atteindre le bord du cratère de l'Ijen. Une heure en compagnie des « hommes du soufre » montant avec leurs paniers de bambou vides sur l'épaule : ce fut l'occasion, dans un mélange d'anglais et d'indonésien, de leur poser quelques questions sur leur travail et leur vie.


Nous avons ainsi appris que ce sont trois cent cinquante hommes qui descendent chaque jour au fond du cratère, ce qui nécessite une heure de marche en plus. Ils se retrouvent ainsi exposés aux gaz toxiques qui émanent des fissures, vapeurs d'oxydes de soufre et de sulfure d'hydrogène à l'odeur caractéristique d'oeuf pourri.

                                       

Pour toute protection, ils portent sur le visage un foulard, autant dire RIEN !


Les fissures ont été bricolés avec des plaques de métal afin que les jets de vapeur permettent au soufre sortant en fusion de se solidifier.


Le soufre forme alors des plaques, que les hommes détachent à la barre à mine avant de charger les morceaux dans leurs paniers.



Puis débute la remontée des bords du lac de cratère. Avec une charge allant de 40 à 70 kg, portée sur une épaule puis l'autre, ils réalisent un travail de bêtes de somme !


Je revoyais les mêmes images que celle du documentaire sans que rien n'ait changé ... 50 années sans une amélioration technique, alors qu'il existe des systèmes de tapis roulant permettant le transport le long des pentes. Mais mécanisation équivaut souvent à chômage.



Au début de la descente vers le village, les hommes pèsent leur panier à une balance romaine.

                                       

Le kilogramme de soufre leur sera payé entre 400 et 600 Roupies, soit 4 à 6 centimes d'euro. Chaque homme réalise un à deux aller-retour par jour : voilà le prix d'un travail de bagnard au Kawah Ijen …